Le Ving Tsun devrait être vu dans son intégralité comme une stratégie d'amélioration personnelle, mais aussi de correction des erreurs. Le comportement individuel est ainsi corrigé en combat, de manière plus moderne que les systèmes de gestion de la qualité d'aujourd'hui. Et on devrait donc en développer simultanément toutes les composantes pour qu'elles se complètent dès le début. Comme je l'ai déjà décrit ailleurs, il est souvent fatal d'apprendre certaines choses trop tard... alors que les autres éléments doivent se développer sans cet ingrédient important... Le résultat est complètement différent... et rarement corrigé par la suite - selon la devise: Vous pouvez apprendre à un vieux singe. Le seul point crucial est et restera l'âme du Ving Tsun... sans un bon Chi Sau, du maître à l'élève... un transfert des forces respectives à vitesse très élevée, qui doit à son tour générer un certain comportement de l'élève... le Wing Chun reste un livre à sept sceaux... qu'on peut toujours essayer de lire, voir et expérimenter en public... Le Ving Tsun n'est pas aussi décomposable qu'on pourrait le dire - maintenant vient ceci ou cela - ou si vous avez l'entièreté, on commence seulement le sparring. Les formes servent à éliminer continuellement les erreurs qui peuvent découler du stress, à "ramener" le coude dans la bonne position, à former la posture, ainsi qu'à produire une "attitude" bien précise, qui est nécessaire au combat... Il est aussi important d'apprendre "tout" dans son ensemble. Comme je l'ai déjà écrit précédemment, il est inutile d'apprendre quelque chose seulement après 15 ans, comme le mannequin de bois par exemple, parce que le développement est déjà, à quelques détails près, terminé. Une certaine attitude est déjà en place - il faut alors commencer de nouveau A ZERO et avec de grosses difficultés pour intégrer quelque chose de nouveau. Changer son comportement, même seulement de petites choses, pose toujours de gros problèmes. Tout ensemble, comme on l'a dit, donne le "sens du combat", le timing correct, la perception de la distance, la puissance de frappe, la décision en situation, la détermination - et forge la capacité à combattre, tout simplement. Alors, on teste ensuite le système en combat et on s'aperçoit des difficultés... par exemple, les erreurs les plus fréquentes: le coude se balade à l'extérieur, Wu Sau n'est toujours pas bien placé, la position de la jambe n'est pas bonne, la hanche n'est pas bien orientée et donc la mobilité, l'équilibre et la puissance de frappe sont limitées. On corrige tout cela par les formes et le Chi Sau... Lorsque les erreurs sont pratiquement éliminées, on augmente le stress... et on voit alors de nouvelles erreurs apparaître et elles peuvent être éliminées. Ces erreurs sont très personnelles - il y a des gens qui s'écroulent tout simplement sous le stress, qui se détournent désespérément et peuvent ainsi encore moins bien se protéger. D'autres en revanche ont tendance à laisser le champ libre à l'adversaire après une tentative manquée... et manquent de détermination. D'autres encore dans certains cas compliquent la situation ou démarrent leurs attaques à partir d'une mauvaise distance, gaspillant ainsi inutilement une énergie précieuse. On voit donc que le Ving Tsun est quelque chose de personnel, dans tous les domaines: l'apprentissage, l'entraînement et le combat. Chacun a son propre potentiel, qui nécessite une prise en charge spécifique. Les grades n'ont aucune importance, tout le monde connaît les erreurs des autres et est même "programmé" à les utiliser. Tout le monde a des erreurs, et désire même, que les autres "s'en chargent"... En coopérant ainsi, le mélange assure la qualité! Wong Shun Leung avait beaucoup de très bonnes méthodes pour faire progresser quelqu'un... mais nous verrons peut-être cela une autre fois. Philipp Bayer (c) Copyright Philipp Bayer (www.philippbayer.com), texte original en allemand. (c) Copyright Hani Sabbagh (www.wingchun.be) pour la traduction française. |

